La confusion entre virilité et fertilité contribue à retarder le diagnostic de l’infertilité masculine. Ndèye Awa Diagne, Chef de la division Planification familiale à la direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME) appelle à déconstruire les préjugés et à associer davantage les hommes à la prise en charge des couples. Dans de nombreuses représentations sociales, les difficultés à concevoir restent spontanément associées aux femmes. Pourtant, l’infertilité peut être d’origine masculine, féminine, liée aux deux partenaires ou demeurer inexpliquée. La spécialiste a insisté sur cette réalité lors d’un atelier de renforcement des capacités des journalistes organisé par l’Association des journalistes en santé, population et développement, en partenariat avec la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (DSME), avec comme thème, la lutte contre l’infertilité et ses implications sociales.
Une confusion qui éloigne les hommes des consultations
A l’en croire, il est essentiel de distinguer la virilité de la fertilité. « La capacité à avoir une érection et à avoir des rapports sexuels ne garantit pas que le sperme possède les caractéristiques nécessaires à la fécondation. Un homme peut donc avoir une vie sexuelle satisfaisante tout en présentant des anomalies du nombre, de la mobilité ou de la morphologie des spermatozoïdes. Seul un bilan médical permet d’explorer ces paramètres. Or, lorsque la fertilité est assimilée à la masculinité, le diagnostic peut être vécu comme une atteinte à l’identité de l’homme », dit-elle. Selon elle, cette perception peut retarder les consultations et compliquer le dialogue au sein du couple. Ndèye Awa Diagne estime qu’il faut expliquer davantage ces mécanismes afin que les hommes comprennent que l’infertilité est une question médicale et non un jugement sur leur virilité.
Le bilan doit concerner les deux partenaires
L’évaluation de l’infertilité nécessite une démarche impliquant les deux membres du couple. Les examens permettent de rechercher d’éventuelles anomalies de l’ovulation, des trompes ou de l’utérus chez la femme, ainsi que des problèmes de production ou de qualité du sperme chez l’homme. La spécialiste rappelle également l’importance du dépistage précoce de certaines anomalies masculines, notamment la cryptorchidie, qui peut compromettre la fonction des testicules lorsqu’elle n’est pas prise en charge à temps. Cette approche permet d’éviter que la femme supporte seule la pression familiale et sociale liée à l’absence de grossesse. En effet, les difficultés à concevoir peuvent entraîner des tensions conjugales, des accusations, une perte d’estime de soi et un isolement social. Les femmes sont souvent particulièrement exposées à la stigmatisation, même lorsque l’origine du problème n’a pas été déterminée.
Pour le professeur Moreira, la sensibilisation doit donc s’adresser aux hommes comme aux femmes et mobiliser les professionnels de santé, les médias et les communautés. L’atelier organisé par l’Association des journalistes en santé, population et développement, en partenariat avec la DSME, s’inscrit dans cette démarche de renforcement de l’information. En appelant à déconstruire les idées reçues, le spécialiste défend une prise en charge fondée sur le diagnostic médical, le dialogue entre les partenaires et le respect des personnes confrontées à l’infertilité.
Seneweb
















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