Les relations entre Philippe Diallo le président de la Fédération française de football (FFF) et Gianni Infantino se dégradent. En désaccord avec le président de la FIFA sur la gestion des droits commerciaux et la redistribution des revenus de la Coupe du monde, le patron de la FFF réclame une réforme profonde de la gouvernance de l’instance mondiale. Il dénonce notamment une solidarité qui, selon lui, ne doit pas servir des intérêts électoraux.
Le fossé se creuse entre Philippe Diallo et Gianni Infantino. Longtemps considérés comme proches, les deux dirigeants sont désormais en opposition sur plusieurs dossiers majeurs, notamment la commercialisation des droits de la Coupe du monde et la répartition des ressources générées par les compétitions internationales.
À la sortie du Comité exécutif de la FFF, jeudi, le président de la fédération française a vivement critiqué la politique menée par son homologue de la FIFA. Sans remettre en cause le principe de solidarité entre les nations, il estime que les mécanismes actuels de redistribution doivent être revus pour mieux prendre en compte les réalités et les contributions de chaque fédération.
« La solidarité, ce n’est pas du clientélisme. Ce n’est pas un dispositif électoraliste », a-t-il notamment déclaré, avant d’appeler la FIFA à revoir ses critères de répartition des revenus.
Pour Philippe Diallo, une distribution uniforme des ressources ne saurait constituer une réponse adaptée aux différences entre les pays. Il plaide pour un système intégrant davantage de critères, comme les performances sportives, la taille des nations, leur contribution à la création de richesse dans le football et le nombre de licenciés.
La gouvernance de la FIFA dans le viseur
Au-delà de la question financière, le dirigeant français souhaite également une évolution du fonctionnement de la FIFA. Il appelle à mettre en place un modèle qui limite le poids des considérations électorales dans les décisions de l’organisation et favorise une répartition plus juste des ressources entre ses membres.
« Je pense qu’il faut réfléchir à des modèles dans lesquels on sort de l’électoralisme pour qu’on intègre des critères nouveaux qui permettent à chacun d’être non pas dans l’égalité, mais d’être dans l’équité », a-t-il insisté.
Cette prise de position intervient alors que les opposants à Gianni Infantino disposent jusqu’au 18 novembre pour présenter la candidature de leur représentant à la prochaine élection du président de la FIFA prévue au Maroc en mars 2027.
Philippe Diallo reconnaît toutefois que l’absence de candidat alternatif limiterait la portée de cette opposition sur le plan électoral. Il estime néanmoins que les questions liées à la gouvernance et à l’équité financière resteraient incontournables, indépendamment de l’issue de cette échéance.
Les primes du Mondial, autre source de tensions
Les désaccords entre les deux dirigeants concernent également les revenus versés aux fédérations ayant participé à la Coupe du monde. Malgré les retombées financières considérables de la compétition, Philippe Diallo juge insuffisante la part réservée aux nations participantes.
La FIFA doit redistribuer 25 millions d’euros supplémentaires par an à ses 211 associations membres, dans le contexte d’une Coupe du monde présentée comme la plus rentable de son histoire, avec des recettes estimées à environ 15 milliards d’euros.
Pour le président de la FFF, les montants attribués aux sélections nationales ne sont pas à la hauteur des revenus générés par le tournoi. Il relève notamment le contraste avec la Coupe du monde des clubs, dont 50 % des recettes globales auraient été reversées aux clubs participants, contre seulement 7 % des revenus totaux de la Coupe du monde destinés aux nations participantes.
Philippe Diallo considère ainsi que la fédération française n’a pas bénéficié d’un retour financier suffisant, malgré le parcours de l’équipe de France, qui a atteint le dernier carré de la compétition.
« Comment est-ce possible que les nations qui ont participé à une Coupe du monde, qui est économiquement la plus rentable de l’histoire, puissent se retrouver dans une situation où, à la fin de la compétition, elles ont un résultat négatif ? », s’est-il interrogé.
Le patron du football français rappelle également que les Bleus ont disputé quatre finales lors des huit dernières éditions du Mondial. Un bilan qui, à ses yeux, témoigne de la contribution de la France à l’attractivité et à l’enrichissement du football mondial.
Philippe Diallo accentue ainsi la pression sur Gianni Infantino. Entre désaccords sur les revenus, contestation des mécanismes de redistribution et appels à une nouvelle gouvernance, le bras de fer entre les deux dirigeants pourrait prendre une dimension encore plus politique à l’approche de la prochaine élection à la tête de la FIFA.












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