« Jammeh les aurait tous abattus » : Adama Barrow évoque la marche aux chandelles vers la State House

En Gambie, le président Adama Barrow n’a pas du tout apprécié la récente manifestation aux chandelles qui s’est déroulée dans la capitale Banjul en septembre dernier. Alors qu’il s’exprimait le 19 octobre 2026 à l’Arche du souvenir, le locataire de la State House a vivement dénoncé cette marche contre les coupures d’électricité qui avait choisi comme destination finale la présidence de la République.

« Ils ont commis un crime très grave. C’est un acte de trahison »

Il s’en est particulièrement pris au député Momodou Lamin Bah qui dirigeait le mouvement d’humeur. 

« Il y a un problème que nous devons aborder. Il y a un mois, votre député de Banjul Nord a mobilisé des enfants. Ils ont allumé des bougies et ont tenté de se rendre à la State House pour protester, car selon eux, Banjul était privée d’électricité depuis 24 ou 48 heures. Ils ont commis un crime très grave. C’est un acte de trahison car on ne prend pas pour cible la résidence présidentielle. Si cela avait été le président Jammeh , à la résidence présidentielle, il les aurait tous abattus », a assuré le dirigeant gambien.

« Nous lui ferons subir un sort qu’il n’oubliera jamais »

Il a ensuite mis en garde le député contre l’organisation d’une manifestation similaire à l’avenir.

« Nous le prévenons : c’est la dernière fois. S’il retourne, je vous jure qu’il ne recommencera pas. Nous lui ferons subir un sort qu’il n’oubliera jamais. La tolérance n’est pas synonyme de peur. Si j’avais eu peur, je n’aurais pas affronté l’ancien président Yahya Jammeh. C’est un dernier avertissement. S’il tente à nouveau le coup, je vous jure qu’il ne recommencera pas », a menacé Adama Barrow.

« Nous portions des bougies, pas des armes »

 Le député Momodou Lamin Bah n’a pas tardé à réagir, dénonçant les menaces proférées par le président contre sa personne.

 « Mon seul tort est d’avoir mieux représenté mon peuple et d’avoir mené la toute première manifestation pacifique aux chandelles dans la ville de Banjul. C’était un rassemblement pacifique, légal et digne de Gambiens ordinaires réclamant honnêteté, dignité et respect dans la gouvernance. Nous portions des bougies, pas des armes. Etre menacé par le chef de l’Etat pour un tel acte est profondément décevant et dangereusement déconnecté de la démocratie pour laquelle nous avons tous combattu », a déclaré le parlementaire.

 Il a ajouté qu’il tiendrait le président Barrow personnellement responsable si un préjudice était causé à sa personne ou aux membres de sa famille.

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