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October 19, 2021

El Chapo : L’ascension et la chute de sa femme Emma Coronel Aispuro

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Emma Coronel Aispuro menait une vie glamour à New York, profitant des avantages de son mariage avec le baron de la drogue Joaquin Guzman Loera, alias El Chapo. Puis elle a été arrêtée et envoyée dans une prison de Virginie. Qu’est-il arrivé à la reine du monde des cartels de la drogue ?

Les fenêtres de la prison, le centre de détention pour adultes William Truesdale à Alexandria, sont faites de lattes rectangulaires, découpées dans le sens de la longueur dans la brique rouge et c’est là qu’Emma Coronel Aispuro est détenue à l’isolement, dans une minuscule cellule. 

À l’intérieur, selon son avocate Mariel Colón Miro, elle lit des romans, des romans “à l’eau de rose”, pour passer le temps.

Les conditions de détention contrastent fortement avec la vie qu’elle menait autrefois.

Il y a quelques mois, elle avait l’intention de lancer une ligne de vêtements, El Chapo Guzman. (Le couple a le statut d’icône de style au Mexique et sa fille a également fait une incursion dans la mode en utilisant son nom).

Lorsque j’ai parlé avec elle à New York pendant le procès de son mari en 2019, elle portait des bijoux, et une montre coûteuse.

Puis, plus tôt cette année, Coronel, 31 ans, a été arrêtée à l’aéroport international de Dulles, en Virginie, et accusée d’aider son mari, un baron de la drogue, à diriger le célèbre cartel de Sinaloa. Guzman, 64 ans, purge actuellement une peine de prison à vie dans un établissement Supermax du Colorado. 

Selon les agents du FBI, Coronel a conspiré pour distribuer de la cocaïne et a aidé à planifier l’évasion de son mari d’une prison mexicaine en 2015.

Son histoire est singulière, avec un mari infidèle, une maîtresse et une entreprise criminelle. Mais elle jette un éclairage sur le monde secret des cartels de la drogue, et sur les femmes qui y vivent. La date du procès n’a pas été fixée. Si elle est reconnue coupable, elle pourrait être condamnée à la prison à vie.

Au-delà de la question de la culpabilité ou de l’innocence, les analystes qui étudient le monde du trafic de drogue affirment que Coronel s’est taillé un rôle inhabituel. Elle était une personnalité publique, une entrepreneure et une gardienne, aidant à contrôler qui avait accès à son mari pendant qu’il dirigeait le cartel.

Selon Cecilia Farfán-Méndez, chercheuse à l’université de Californie à San Diego, les épouses de trafiquants de drogue sont traditionnellement considérées comme “très sexuelles” et “sans pouvoir d’action”.

Emma Coronel Aispuro était différente : “elle a montré que les femmes pouvaient occuper des postes de pouvoir”.

Exercer le pouvoir dans un cartel est une entreprise risquée. 

Derek Maltz, ancien agent spécial chargé de l’administration américaine chargée de la lutte contre les stupéfiants, déclare : “quand vous êtes dans ce milieu, vous allez soit vous faire prendre, soit vous faire tuer.”

Coronel affiche un visage courageux, avec ses projets d’entreprise de mode, mais les enquêteurs fédéraux se rapprochent. Comme le dit Maltz : “le monde s’effondrait autour d’elle, les murs s’écroulaient.”

Enlèvements et meurtres

Coronel mangeait de la laitue iceberg, coupée en morceaux au tribunal fédéral de Brooklyn, pendant le procès de son mari. Elle était assise avec des amis à la cafétéria, plaisantant sur les mères et la façon de les traiter.

“Elle a une grande personnalité”, affirme Miro, son avocate. “La Emma que je connais – elle est pleine d’énergie, toujours souriante”.

Coronel, qui a la double nationalité mexicaine et américaine, a rencontré Guzman à l’âge de 17 ans, et ils se sont mariés peu après. Ils ont deux enfants, Maria Joaquina et Emali. Pendant le procès de son mari, Coronel était assise dans la salle d’audience presque tous les jours.

Pendant les pauses, elle faisait claquer ses talons aiguilles dans les couloirs en marbre. 

“Une diva du Sinaloa” c’est ainsi que la définit Romain Le Cour Grandmaison, analyste sécuritaire basé à Paris qui a passé du temps au Mexique pour étudier les cartels. Avec son rouge à lèvres rouge, ses diamants et ses jeans serrés, elle incarnait l’image populaire d’une “buchona”, l’intérêt amoureux d’un narco.

Guadalupe Correa-Cabrera, de l’université George Mason, qui a effectué des recherches à Sinaloa, au Mexique, où opère le cartel d’El Chapo, définit le terme, buchona : “elles portent des vêtements très chers, des sacs à main Louis Vuitton. Tout est exagéré, et elle est une représentation parfaite de cette image. Tout est dans le look, la chirurgie plastique.” 

L’une de ses caractéristiques les plus frappantes, a noté Correa-Cabrera, est son “postérieur”, qu’elle a décrit comme “extrêmement incurvé”.

Son image glamour contraste avec la sombre réalité des opérations du cartel de El Chapo.

Guzman a utilisé la violence pour maintenir son contrôle sur le marché illégal de la drogue et en a récolté les fruits, en faisant profiter sa femme et sa famille de ses richesses. Plus de 300 000 personnes ont été tuées au Mexique depuis 2006, année où le gouvernement a lancé sa guerre contre les cartels. 

Parmi les victimes figurent les ennemis de Guzman, ainsi que des personnes qui lui étaient proches. Le corps d’une de ses amantes a été retrouvé dans le coffre d’une voiture, un meurtre qui aurait été perpétré par un gang rival.

Le prix de la loyauté

Lucero Guadalupe Sanchez Lopez, maîtresse de longue date de Guzman, a témoigné contre lui lors du procès. Elle a été arrêtée en juin 2017 pour trafic de drogue près de la frontière américano-mexicaine.

Elle a plaidé coupable. et elle risquait une décennie de prison. Sánchez, mère de deux enfants, a coopéré avec les procureurs en plaidant coupable.

Vêtue d’une combinaison de prison bleue, elle a décrit leur liaison et le travail de son amant en tant que chef de cartel, dans la salle d’audience. Elle avait un tic nerveux et clignait souvent des yeux. Guzman, assis non loin de là, semblait impatient et ne cessait de regarder une horloge sur le mur.

Coronel était assise au deuxième rang. Elle peignait ses longs cheveux avec ses doigts, et portait ce jour-là un smoking en velours, du même type que celle portée par son mari.

Les vestes assorties montraient la force de leur mariage, explique William Purpura, qui a été l’avocat de Guzmán. Coronel voulait envoyer un message à Sánchez en portant des tenues mari et femme assorties le jour du témoignage de l’ancienne maîtresse.

C’était un “va te faire voir” à la maîtresse”, explique Purpura. “Elle disait : ‘il est à moi’.” 

Après avoir parlé au tribunal, Sánchez est retournée dans sa cellule. Coronel elle, est partie dîner à New York. 

Peu de temps après, la situation a changé pour les deux femmes. Sánchez a été libérée de prison. Coronel est derrière les barreaux, sans possibilité de libération sous caution.

Nombreux sont ceux qui ont été consternés par la façon dont Coronel a affiché son style de vie pendant le procès, et déçus par la façon dont elle est restée fidèle à son mari. 

Selon l’analyste sécuritaire Grandmaison “elle est considérée comme une idiote.”

Pas par Sánchez, cependant. 

Lorsque son avocate, Heather Shaner, lui a annoncé que Coronel était en prison, Sánchez n’a montré aucun signe de jubilation. 

Au contraire, se souvient son avocate : “elle s’est sentie triste parce que, a-t-elle dit, ‘c’est juste une autre mère qui va être éloignée de ses enfants’.”

BBC news

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