Refus de fermeture des mosquées : Les explications du sociologue Djiby Diakhaté

Le refus de certains dignitaires religieux musulmans de se plier à l’interdiction de tout rassemblement ne doit pas être considéré comme une forme de réticence ou de résistance, mais plutôt comme une forme d’expression d’une légitimité à laquelle ces autorités religieuses sont chevillées jusque là.

Selon le sociologue Djiby Diakhaté qui pense ainsi, l’idée de se dire que si l’on se réfère à une certaine interprétation des textes, on peut continuer à exercer nos activités cultuelles ; ce sont des autorités qui disent : «peut-être à l’occasion même de l’exercice de ces activités on pourra implorer Dieu pour conjurer le mal», analyse le sociologue.

Le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, comme pour désapprouver la décision de fermeture des lieux de rassemblement (Mosquée, marché, stade etc,) a dit récemment que «le coronavirus ne va pas décider de tout». 

Pour le professeur Djiby Diakhaté, cela peut paraître affaiblir l’autorité de l’Etat. Mais, précise-t-il, c’est à ce niveau que la conciliation entre les deux légitimités (religieuse et médicale) devrait être beaucoup plus intelligente et souple.

Selon lui, l’idée c’est dans une certaines mesures de fragmenter les approches, de ne pas avoir une approche plus centralisée.

«Les autorités publiques chevillent leurs décisions et les actes qui sont posés aux conseils données par les techniciens de santé ; lesquels considèrent que les rassemblements constituent des risques pour la propagation de la pandémie. L’idée aussi c’est de voir comment faire pour que cette légitimité religieuse croise l’autre légitimité (médicale) qui consiste à faire comprendre que nous aussi quand nous allons vers ces grands rassemblements, c’est pour lutter contre le coronavirus», suggère Pr Djiby Diakhaté qui était à l’instant l’invité du journaliste Mamadou Ibra Kane dans l’émission Jury du dimanche (JDD) sur Iradio.

Raymond Apéraw DIATTA

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