FINANCE CLIMATIQUE: LE SÉNÉGAL À L’ÉCOLE DU RWANDA, DU BÉNIN, DU ZIMBAWÉ ET DU MALI

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Le rapport lancé par le Panel lors du Forum Malabo Montpellier organisé à Dakar, au Sénégal, ce lundi 5 décembre 2022, indique qu’il serait nécessaire de débloquer un financement de 41.3 milliards de dollars pour assurer l’adaptation des secteurs de l’agriculture, de la foresterie, de l’utilisation des terres et de l’eau en Afrique.

Intitulé « s’acclimater : des politiques innovantes pour financer l’action climatique et renforcer la résilience des systèmes alimentaires en Afrique », ce rapport a étudié les cas de quatre pays africains sélectionnés de manière systématique : le Bénin, le Mali, le Rwanda et le Zimbabwe. Il montre comment les gouvernements pourraient renforcer la résilience des systèmes alimentaires face au changement climatique grâce à des innovations telles que les fonds climat nationaux, les financements mixtes public-privé et les structures de financement participatif combinées à des structures institutionnelles et à une conception de politiques innovantes.

Ousmane Badiane, président du Think tank africain, Akademiya 2063, organisateur du forum en collaboration avec le Centre de suivi écologique (CSE), a rappelé que « nous sortons du sommet Cop27 sur le changement climatique. Nous savons aujourd’hui que tous les pays du monde, toutes les économies ont à faire avec les effets de la crise climatique. Je ne parle même pas de changement mais de crise climatique. » Ainsi, a-t-il décliné : il s’agit de voir « comment s’organiser, mobiliser les ressources qu’il faut, entreprendre les investissements qui nous permettront de mieux s’adapter à cette situation et de continuer à assurer un développement économique durable pour nos différentes économies ici en Afrique. »

Dans ce sillage, ce panel a choisi un domaine spécifique tel que le changement climatique et développer une méthodologie qui permet de classifier les pays africains et de choisir des pays et d’aller analyser ce que ces pays-là ont fait, qui leur ont permis de se distinguer, a-t-il expliqué, ajoutant qu’ « on se focalise sur trois domaines que chaque gouvernement peut copier et ces trois domaines sont d’abord tout ce qui est innovation institutionnelle, réforme politique et formation au niveau local. »

Dans ces 3 domaines, « l’économie des expériences et des succès des différents pays » ont été faits. C’est ainsi qu’il a été constaté que le Bénin, par exemple, a mis en place plusieurs institutions et mécanismes pour soutenir l’adaptation, notamment le Fonds national pour l’environnement et le changement climatique (FNEC) et le Fonds d’appui au Développement Communautaire (FADEC).

Le Mali, qui a créé un Fonds Climat centralisé, figure également parmi les sept premiers bénéficiaires du financement de l’adaptation au climat obtenu entre 2011 et 2020 grâce à ses partenariats étroits avec les partenaires internationaux au développement.

Au Rwanda, le gouvernement a investi massivement dans la création d’institutions innovantes de classe mondiale telles que le Fonds national pour l’environnement (FONERWA), qui soutient une approche axée sur la demande pour combler les déficits de financement.

Enfin, au Zimbabwe, le gouvernement a collaboré avec le Fonds Vert pour le Climat (FVC) pour concevoir le programme national FVC du Zimbabwe, un plan de quatre ans visant à préparer le pays à mobiliser le financement climatique du FVC.

Cheikh Mbow, Directeur général du CSE, s’exprimant pour la partie sénégalaise, retient trois recommandations : « C’est d’abord comment faire des mécanismes de financement innovants pour répondre aux besoins de plus en plus croissants en matière d’adaptation. Ensuite, comment institutionnaliser ces finances climatiques dans le Budget national avec une connexion assez étroite avec le secteur privé. Enfin, comment harmoniser les politiques et faire en sorte que chaque politique sectorielle puisse considérer le climat comme un facteur d’accélération de croissance. Sur ces trois leviers, je pense qu’il y a un certain nombre de leçons que nous pouvons apprendre des pays qui ont été choisis dans ce rapport. »

Il n’a pas manqué de souligner que « le Sénégal n’est pas dépourvu d’atouts par rapports à ces éléments », notant pour s’en réjouir qu’« au-delà de l’accréditation, nous avons un gouvernement qui est fortement engagé dans les réponses climatiques. » Avant de donner l’exemple du Bus transit rapid (Brt) et la grande muraille verte, en réponse aux émissions de gaz à effet de serre.

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