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June 23, 2021

Covid-19 : la thèse de l’immunité collective du Dr Pape Moussa Thior battue en brèche

Expert en santé publique, Dr Cheikh Mouhamadou Mbacké Lo est catégorique. Il balaie d’un revers de main la proposition du Docteur Pape Moussa Thior qui, dans un entretien publié dans l’Observateur, ce jeudi, a plaidé pour une immunité collective contre le Covid-19 au Sénégal. «Non, il ne faut pas laisser circuler le virus. Si on connaissait le virus, il n’y aurait pas de problème, mais on ne connait pas encore assez le virus. Comment, ne connaissant pas le virus, on va laisser les populations aller n’importe où», s’étonne-t-il ; estimant que l’Etat a le devoir de protéger ses citoyens. «Comment on va laisser le virus circuler ; et le nombre de malades qu’on aura, comment on va les prendre en charge ?», se demande encore Dr Mbacké Lo, interrogé par Tfm.

Bottant en touche cette stratégie de riposte, l’expert en santé publique explique à l’évidence que nos structures ne peuvent pas prendre en charge la maladie lorsque les cas se compteront par plusieurs milliers. «Je le dis de manière très forte que ce n’est pas le moment de laisser les populations circuler n’importe comment, et n’importe où», objecte Dr Mbacké Lo.    

La stratégie de l’immunité collective causerait plus de dégâts au Sénégal, avertit pour sa part Dr Seynabou Lô, urologue à Saint-Louis, également abordée par Tfm. «Il y a des pays comme le Royaume Uni, les Pays-Bas qui l’ont essayé au début, mais ça n’a pas donné assez de résultats ; et vu le taux de létalité actuel dans le monde, ce serait catastrophique de l’adopter au Sénégal parce qu’on aurait eu plus de morts que de personnes protégées», soutient-elle notamment.

Ces deux spécialistes insistent plutôt sur le respect des «mesures barrières» pour endiguer d’abord le virus avant d’envisager sa libre circulation. «Il faut prendre en charge tous les malades ; essayer de retrouver tous les cas contacts, les cas asymptomatiques et de les tester pour pouvoir les traiter», préconise l’urologue. «Lorsque toutes les populations auront compris qu’il faut les mesures barrières et les respectent ; en ce moment-là on peut effectivement décongestionner parce que les mesures seront là pour barrer la transmission du virus», renchérit l’expert en santé publique.

A noter que la Suède adopte la stratégie de l’immunité collective avec un résultat plutôt mitigé. A ce jour, le pays compte 2400 morts de Covid-19.

Raymond Apéraw DIATTA

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