CONTRIBUTION/Le péril des marchés: Halte à l’anarchie dans les collectivités locales!

En suivant les actualités nationales, on note avec beaucoup d’inquiétudes, que la cohabitation entre commerçants (tabliers et ambulants surtout) et les populations résidents des quartiers abritant un marché, pose de sérieux problèmes ; ce qui devient du coup, une préoccupation de tous les riverains des marchés. Ces derniers ont pourtant investi des montants énormes pour disposer d’une maison afin de pouvoir profiter d’un cadre de vie sain et acceptable.La réalité, au fil des années,esttouteautre puisque toutesleurs ruelles deviennent desprolongements de marché.

Dans la région de Dakar, tout le monde constate que les marchés implantés dans les différentes communes constituent, de plus en plus, des sources de nuisances de toutes sortes pour les citoyens qui ne savent plus à quel saint se vouer pour retrouver le calme. D’ailleurs certains habitants dépités, ont fini par vendre leurs maisons pour s’installer ailleurs, espérant y trouver plus de sécurité et de quiétude, sans échapper pour autant au risque perpétuel d’être envahi par un futur marché.

Mais malheureusement, tout le monde n’a pas toujours cette possibilité. De plus en plus de heurts et d’affrontements sont enregistrés et relayés par la presse et force est de constater que les maires sont obligés d’intervenir juste le temps de calmer la situation et non pour trouver une solution définitive. Jusqu’ici, les résidents ne cessent de faire la valse entre la mairie, la gendarmerie et même l’administration territoriale espérant que les Autorités leur apporteraient assistance pour rétablir l’ordre et la tranquillité.

Si les populations vont jusqu’à saisir la police ou  la gendarmerie, c’est tout simplement parce qu’elles ont fini par comprendre que les municipalitésne leur apporteront point cette assistance puisque trouvantleur compte dans cette pagaille organisée avec notamment la perception de taxes.

Aujourd’hui, l’État affiche sa volonté de moderniser les marchés mais l’on relève beaucoup de lenteurs dans la mise en œuvre. Pendant ce temps, cette cohabitation devient de plus en plus préoccupante puisque causant très souvent des affrontements qui, si on n’y prend pas garde, pourraient nous mener vers une explosion. Comment peut-on admettre que des ambulants et des tabliers s’installent devant votre domicile vous empêchant souvent d’y accéder, obstruant parfois même les rues et vous obligeant, vous et certains de vos visiteurs, à garer vos véhicules à des centaines de mètres ?

Comment peut-on accepter qu’á longueur de journée, ces commerçants mettent à fond de la musique pour attirer la clientèle en provoquant une véritable nuisance sonore aux riverains ? Comment peut-on empêcher à de braves citoyens à la retraite ou parfois même malades, de bénéficier d’une tranquillité que requiert leur santé ? Cet état de fait connu de surcroit par les autorités municipales, ne semble pas les préoccuper puisque leurs seuls soucis est  de récupérer les taxes journalières. L’occupation des trottoirs est aussi un phénomène visible par tous. Les piétons  sont obligés de marcher sur la chaussée avec les voitures, ce qui est une attitude très risquée et dangereuse.

 Il est temps de mettre un terme à cette situation en instaurant l’ordre dans la cité afin d’atteindre l’émergence qui doit, désormais et au plus vite, divorcer d’avec l’anarchie. Il faudrait également que nos concitoyens s’efforcent à bien choisir leurs mandataires à l’occasion des élections locales pour que leurs préoccupations soient prises enchargesurtout concernant leurs cadres de vie. L’on constate par ailleurs que nos municipalités sont jusqu’ici incapables de réaliser des infrastructures d’envergure dans leurs circonscriptions et dans bon nombre de cas, manquent véritablement de vision.

On ne comprend toujours pas pourquoi, ces municipalités ne s’intéressent qu’à l’installation de marchés  traditionnels ou de cantines. Pourtant beaucoup de mécanismes ont été mis en place pour leur permettre de moderniser  les marchés tout en les adaptant à nos réalités. Le dernier en date est l’adoption d’un nouveau cadre juridique et institutionnel des contrats de Partenariat Public-Privé (PPP). Aussi, avec l’acte III de la décentralisation, nous osons espérer que les équipes qui seront mises en place, à l’issue des élections locales prochaines, seront beaucoup plus entreprenantes. Ne devraient-elles pas penser à la construction de marchés avec plusieurs niveaux, de salles  de spectacles fermées (pour ne plus voir les rues et ruelles barrées à l’occasion de certaines cérémonies familiales, religieuses …)de résidences pour étudiants etde parkings payant etc.

Après plus de soixante ans d’indépendance, pour un pays qui se veut émergeant, l’heure est venue de luttercontre l’anarchie sous toutes ses formes pour un Sénégal nouveau.

Véronique SECK

  Ecrivain

Auteure du roman « Le chemin des tourbillons »

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