Relations presse-pouvoir, législatives… : le cours magistral de Mame Less Camara

Les moyens de vivre ne l’ont jamais remporté sur ses raisons de vivre. Et dans un contexte où la presse est à la croisée des chemins et parfois décriée, le journaliste Mame Less Camara fait figure de boussole.

Selon le quotidien L’AS, après près de 40 ans de carrière dans la presse, le journaliste-formateur fait quasiment l’unanimité dans le paysage politico-médiatique. Parrain du Programme Leadership Politique de la FES , il a été porté au pinacle par plusieurs acteurs de la vie sociale.

«Parlant de Leadership, il y a des identités remarquables qui, dans tous les pays, s’incarnent de façon naturelle d’abord, ensuite par leur œuvre globale. Mame Less Camara est extrêmement extraordinaire de ce point de vue», a déclaré l’ancien ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, par ailleurs vice-président de l’Assemblée nationale.

Poursuivant, il souligne : «Il a été toujours un modèle et une référence pour moi. Il fait partie de ceux qui m’ont influencé pour m’orienter vers la presse et la communication».

De l’avis de Cheikh Tidiane Gadio, l’ancien secrétaire général du Synpics a beaucoup contribué, par sa voix à la radio, par la beauté de ses textes et surtout par ses positions de principes, au combat pour la liberté et la démocratie.

S’adressant aux récipiendaires de la quinzième promotion du programme Leadership politique, l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise affiche son admiration : «Votre promotion a de la chance de porter le nom de cet illustre fils du pays. Les Sénégalais aiment rendre hommage à une personne quand elle n’est plus là».

Abondant dans le même sens, l’ancien député et membre de la coalition Aar Sénégal, Cheikhou Omar Sy, assimile Mame Less Camara à une icône, un monument de la presse sénégalaise qui en a construitles fondements. «Qu’on le prenne comme parrain pour ces jeunes, c’est un excellent choix. L’histoire du Sénégal s’est écrite sous Abdou Diouf et Abdoulaye Wade sous la plume de Mame Less Camara», affirme M. Sy. Le philosophe et écrivain Alpha Amadou Sy ne dit pas autre chose lorsqu’il décrit Mame Less Camara comme un homme intègre et un journaliste intégral.

«Bien des organes de presse ont eu à solliciter son savoir et son savoir-faire de la Rts à la Tfm en passant par Wal fadjri , Bbc, Envie FM. Il est journaliste, enseignant-formateur, chantre de l’éthique et de la déontologie. Conducteur d’hommes, courageux dans ses initiatives, orfèvre aussi bien de la voix que de la plume, Mame Less Camara est réputé être un journaliste au sens éthique élevé. Malgré les aléas de la vie et son immense lot de privations, malgré les tentatives multiformes des uns et des autres de le capturer, l’homme est resté égal à lui-même», affirme l’écrivain et ami du journaliste.

Malgré le poids de l’âge, Mame Less Camara reste néanmoins un journaliste alerte. Ainsi, analysant les mutations constatées dans les médias et les multiples critiques faites contre la presse, il note : «Cette critique a toujours existé. Maintenant ce qui est nouveau, c’est que ce sont les journalistes eux-mêmes qui répètent les préjugés sur eux».

Mais, d’après lui, «il y a toujours eu des journalistes plus favorables au pouvoir qu’à l’opposition ou l’inverse. Et cela nous a tous attiré des quolibets et des injures».

C’est une lapalissade que dire que le Sénégal s’achemine vers des élections législatives âprement disputées, sur fond de tensions. Et le pays retient son souffle.

Des inquiétudes justifiées, selon l’analyste politique Mame Less Camara. Parrain de la quinzième promotion du Programme Leadership Politique de la fondation Friedrich Ebert, le journaliste lâche : «Nous allons vers une situation en grande partie inconnue. Moi qui, depuis une quarantaine d’années, suis régulièrement les élections, je vois que la folie est plus grande cette fois-ci. La démesure est plus grande».

Et sa crainte est que les hommes politiques soient en charge d’une situation qu’ils n’ont pas les moyens de supporter ni intellectuellement, ni politiquement.

«Il faut arrêter la cadence et se parler, parce que ce qui doit être au centre de nos préoccupations c’est le bon vieux Sénégal. Nous sommes tous issus d’un pays où la sagesse recommande de retourner d’où l’on vient si l’on se sait d’où l’on va», affirme-t-il.

Sans prôner ouvertement le report des élections législatives, l’ancien président du Cored estime qu’il faut tout arrêter et reprendre un peu de souffle.

«Si dans la poussière et le délire, on s’en va vers les urnes en s’insultant et en se donnant des coups, on n’ira pas jusqu’à ce que les urnes doivent produire, c’est-à-dire de la légitimité populaire», souligne Mame Less Camara.

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