La presse sénégalaise respire enfin. Dans une décision saluée comme un tournant majeur pour la liberté d’informer, la Cour suprême a annulé l’ensemble des arrêtés pris par le ministre de la Communication concernant le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP). Une victoire judiciaire que le Club de la Presse du Sénégal (CPS) présente comme un rappel ferme : nul ne peut agir en dehors des lois de la République.
Un camouflet pour le ministère de la Communication
Les arrêtés rejetés par la plus haute juridiction administrative concernaient : L’Arrêté n°017412 du 29 juillet 2024, instituant une plateforme numérique pour identifier les entreprises de presse ; l’Arrêté n°024462 du 1er octobre 2024, portant création d’une Commission de validation des déclarations des entreprises de presse.
Ces textes, jugés contraires au Code de la Presse et dépourvus de base légale, avaient suscité une levée de boucliers parmi les organisations professionnelles. Pour Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat du CDEPS, la décision est sans ambiguïté : « La Chambre administrative a purement et simplement annulé ces actes administratifs. »
Tant la plateforme que la Commission, ainsi que toutes les décisions prises sur leur fondement, sont désormais frappées de nullité.
Une victoire saluée par les acteurs du secteur
Le CPS exprime une gratitude appuyée envers Mamadou Ibra Kane, président du CDEPS, pour son rôle déterminant dans ce bras de fer juridique. Le Club salue également Aïssatou Diop Fall, dont l’engagement constant en faveur de la presse a été qualifié de « soutien indéfectible ».
Pour les organisations professionnelles, cette décision ne fait pas que corriger un abus : elle réhabilite un secteur soumis à des pressions extraordinaires depuis près de deux ans.
Un contexte de tensions persistantes avec les médias
L’annulation des arrêtés intervient après une autre suspension retentissante : celle du texte interdisant la parution et la diffusion de 381 médias. Un épisode qui avait mis en lumière une série de mesures jugées répressives : pressions fiscales, rupture illégale de contrats publicitaires, coupures de signal et confiscations de bouquets, blocage prolongé des subventions, l’exclusion des journalistes des activités officielles et missions à l’étranger.
Le bilan est lourd : des milliers de travailleurs licenciés, des familles fragilisées, des enfants privés de scolarité ou de couverture médicale. « La presse n’est pas une cible, elle est un pilier de la démocratie », rappelle le CPS.
Un appel au retour aux valeurs républicaines
Pour le Club de la Presse du Sénégal, la décision de la Cour suprême constitue un signal fort en faveur de l’État de droit, à un moment où la profession souffre d’une crise sans précédent.
Le CPS réaffirme sa confiance dans la justice sénégalaise et renouvelle son engagement à défendre :la liberté de la presse, la dignité des journalistes, la survie des entreprises médiatiques.
Cette affaire pourrait désormais ouvrir la voie à une réorganisation plus transparente du FADP et, surtout, à un apaisement durable entre la presse et les autorités.
Dakar, le 11 décembre 2025
















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