RAMADAN : La Korité se prépare déjà dans les salons de coiffure

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A un peu plus d’une quinzaine de la fête de la Korité, les femmes veulent se faire belles à tout prix et réservent des places dans les salons de coiffure pour divers services. Les coiffeuses se préparent à se frotter ainsi les mains. Les avances à la paye se versent déjà. Les rangs sont serrés et certains ont opté pour la location de perruques et autres cheveux naturels.

Les salons de coiffure perdent de vitesse pendant les 20 premiers jours du mois béni de ramadan. Quasiment aucun client ne se pointe. Les quelques rares se contentent de petits services. Les cheveux greffages et autres tresses à l’aide de mèches sont pratiquement abandonnés par les fidèles musulmanes. Il fallait marquer particulièrement ce mois dont on obtient le double de la récompense divine. Aussi, le respect de la spiritualité doit être de mise. Certaines avaient abandonné ces coiffures pour pouvoir bien faire leurs ablutions, selon les recommandations de l’islam.  Dans les salons de coiffure, les quelques rares clients ne demandaient que de simples tresses. A défaut, les enfants étaient les seules à maintenir le cap.  Pendant ces premiers jours du mois béni, les coiffeuses tiraient le diable par la queue. La situation est tout autre aujourd’hui. Dans les différents salons visités, les clients se bousculent une place. D’aucuns ont même fini de prendre le nombre qu’ils peuvent se permettre. C’est, il faut le dire, déjà ‘’guichet fermé’’ au grand bonheur de ces professionnels qui vont rattraper le  temps  perdu.

Les salons grouillent de monde

‘’C’est souvent difficile pendant les premiers jours du mois de ramadan. Nous n’avons pratiquement pas de client’’, renseigne la gérante du Salon de coiffure ‘’Chez Yaye Arame’’, Mme Wade. Seulement, notifie-t-elle, c’est un véritable renversement de situation depuis un certain temps. ‘’Il faut dire que la Korité se prépare et c’est la dernière  droite’’. Trouvée dans son  entreprise à la cité Soda Lo de Nord Foire,  Mme Wade explique que, aujourd’hui, il ne prend plus de client. Les réservations sont déjà faites. Il existe  même des clients qui seront obligés de  venir se tresser  et de se faire coiffer le jour de la Korité. A l’en croire, les rangs sont déjà serrés. En atteste le décor des lieux. Dans cette grande salle climatisée, au moins sept de ses employeurs sont en train de travailler sur une coiffure. Aussi, d’autres clients attendent sur les sièges, feuilletant, pour la plupart, des catalogues et autres journaux de fortune.

Dans le même quartier, vers le célébré terrain de basket, un autre salon de coiffure. Ici, ce n’est pas le grand rush. Deux coiffeuses s’affairaient sur la tête d’un client. ‘’C’est difficile, les mèches, il faut que ça se fasse au moins à deux pour que le client ne perde pas beaucoup de temps’’, renseigne la gérante, une ivoirienne. Sur les raisons du très peu de clients dans son salon, elle  explique sans détours : ‘’Nous sommes plutôt connu pour la vente de  produits corporels ivoiriens. Nous vendons aussi les mèches à couleurs  vives.  Comme vous pouvez  constater,  ces produits ne viennent que de chez nous’’.  Cette jeune femme soutient que le mois de ramadan est souvent le moment  de galère à leur niveau. ‘’Nous ne jeunons  pas,  mais nous avons même du mal à nous payer à manger, tellement notre marchandise se vend mal à cette  période’’, ironise-t-elle. Cependant, les choses s’améliorent au fur et à mesure qu’on s’approche de la fête. ‘’Depuis le début de cette semaine, la situation a changé, les clients reviennent petits à petits. Nos produits pour cheveux sont très  prisés et notre défrichage que nous pratiquons aussi’’, dit-elle.

A liberté 6, la situation semble être la même. Le salon est quasi plein en mi-journée. Sur le tapis à gazon, une fille prend le temps de faire sa prière en attendant son tour. Dans le canapé et autres fauteuils, d’autres dames d’âges différents attendent. Certaines même somnolent du fait du ramadan et de la fraicheur que distille un climatiseur installé sur le mur. ‘’C’est difficile, les veilles de fête. Les Sénégalais ont pour habitude d’attendre le dernier moment pour vaquer à leurs préoccupations. C’est la même situation qu’on enregistre chez des tailleurs. Chez nous, les coiffeurs, même pour la tabaski, on ne peut fêter l’événement comme il se doit. Nous sommes souvent submergés par nos clients’’, souligne la gérante. Elle explique que, pour le mois de ramadan, c’est de tout repos, excepté les derniers jours. Les clients viennent de partout. ‘’C’est dur, parfois, pendant la période de déche mais on se rattrape juste après’’, dit-elle. Trouvée dans le salon de Liberté 6, Brigitte a presque fini  sa  coiffure. Des tresses nattées faites aux mèches teintées en rouge s’accommodent bien avec teint clair. La dame est invitée par un collègue pour aller fêter la Korité à Koungheul, dans la région de Kaffrine. ‘’Je me tresse maintenant ; comme ça dans quatre jours, mon cuir chevelu pourra respirer et faire moins mal’’, articule-t-elle.  C’est d’ailleurs le même choix qu’ont fait celles qui doivent se greffer les cheveux. Il faut le faire des jours avant le jour-j pour que ça  prennent forme, dit-on.

Perruques et cheveux à la mode 

Dans la foulée, toujours dans le cadre de la préparation de la fête, certaines femmes ont simplement choisi de se payer des perruques. Dans ce même  salon  de Liberté 6, la gérante vend ces outils qui enjolivent la femme. ‘’Je vends des cheveux naturels et des perruques que je confectionne moi-même’’, confie-t-elle. A l’en croire, c’est à la limite ce qui lui facilite la tâche. ‘’Je propose à mes fidèles clients d’en acheter et de permettre de gagner du temps avec les autres  clients. Il suffit d’en acheter et de le porter, c’est comme un foulard ou un bonnet, c’est à volonté’’, explique la  gérante. A Nord Foire, en revanche, Mme Wade ne se limite pas à la vente des cheveux et des perruques. Ici, à un vil prix, on peut louer un ‘’cheveu’’ à la valeur de 500 000 francs Cfa.  C’est 75 000 francs la semaine pour les cheveux, la pose comprise. ‘’Nous louons à ce prix et c’est nous qui assurons la pose. Nous ne dépassons pas la semaine’’, explique Mme Wade. Elle ajoute que, pour la perruque, c’est le même prix. Il y a aussi  des prix allant de 25 000  à 50 000 F,  cela  dépend des longueurs et de la qualité. Les risques ? ‘’Souvent,  un client abime votre marchandises et vous ne pouvez rien  faire. Il arrive aussi que des clients ne respectent pas le délai. On fait des pieds et des mains avant de récupérer notre bien. Il arrive même  qu’on finisse à la police’’, raconte la gérante du salon ‘’Chez Arame’’.  Elle ajoute que ‘’ce business n’est pas fiable, une affaire pas facile pour les gérantes de salons de coiffure. ‘’Il  y a, parmi nos clients, des femmes qui nous donnent leurs cheveux de grande valeur, les périodes qu’elles ne le mettent pas, pour qu’on les loue pour elles’’, révèle madame Wade. Mais, précise-t-elle, ce business marche  souvent pendant les périodes de fêtes.

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