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August 4, 2021

Pegasus : L’implication du gouvernement israélien en question

Jour après jour, révélation après révélation, la liste de 50 000 numéros de téléphone ayant pu être espionnés par le logiciel Pegasus du groupe israélien NSO ressemble de plus en plus à un annuaire des personnalités de la planète. Dirigeants, entrepreneurs, journalistes, militants de la société civile… tous susceptibles d’être espionnés via leur smartphone sans qu’ils s’en rendent comptent. Parmi eux, les présidents français, irakien ou encore sud-africain et des Premiers ministres en exercice. Pegasus est un logiciel commercialisé par la société israélienne NSO, société aux liens étroits avec le gouvernement israélien, dont l’implication dans ces affaires d’espionnage est désormais en question.
Depuis dimanche soir et les premières révélations du consortium d’investigation, le gouvernement israélien se fait discret face au scandale. Aucun communiqué du bureau du Premier ministre, pas de commentaire sur les réseaux sociaux. Une réaction à l’opposé de l’indignation affichée après la décision de Ben and Jerry’s de ne plus commercialiser ses glaces dans les colonies israéliennes de Cisjordanie.
Pourtant, chaque contrat de NSO avec des clients étrangers reçoit l’aval des autorités israéliennes. L’exportation de ce logiciel espion est soumise à une approbation par l’agence de contrôle des exportations de défense. Israël approuve l’exportation uniquement “pour des usages légaux, afin de prévenir et enquêter sur les crimes et contrer le terrorisme”, se défend un porte-parole du ministère de la Défense, sans toutefois annoncer l’ouverture d’une enquête après ces révélations.
“Là où Netanyahu s’est rendu, NSO a suivi”
Le gouvernement pourrait même avoir joué le représentant de NSO et son produit phare. “Là où Netanyahu s’est rendu, NSO a suivi”, titre ainsi ce mercredi le quotidien israélien Haaretz, membre du consortium d’investigation, faisant le lien entre les déplacements de l’ex-Premier ministre et certains contrats conclus par la société.
Le scandale interroge aussi sur l’usage des renseignements obtenus par Pegasus. Le gouvernement israélien y avait-il accès ? L’entreprise comme le ministère de la Défense s’en défendent. “NSO est une entreprise privée. […] Elle n’est pas une porte dérobée pour les services de renseignement israéliens”, assure l’avocat de NSO au journal britannique The Guardian. Mais il serait “fou de penser que NSO ne partagerait pas des informations sensibles de sécurité nationale avec le gouvernement d’Israël”, juge pour sa part un ancien agent des renseignements américains dans les colonnes du Washington Post.

rfi

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