Masculinité positive et justice sociale : Le Sénégal mise sur l’implication des hommes pour prévenir les violences faites aux femmes

New York: La promotion de la masculinité positive et de la justice sociale s’impose aujourd’hui comme un levier essentiel dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles. C’est le message fort porté par Maimouna Dieye, qui a appelle à une transformation profonde des rapports de genre pour bâtir une société plus équitable, lors du panel de haut niveau organisé par le lREPSFECO sur le thème; masculinité positive et justice sociale : des leviers pour prévenir les Violences faites aux Femmes et aux Filles et garantir les droits des femmes .

En choisissant d’aborder la question de la justice sociale à travers l’approche de la masculinité positive, la ministre invite à repenser les relations entre hommes et femmes dans une perspective sociale transformatrice. Selon elle, les violences faites aux femmes et aux filles demeurent l’un des obstacles majeurs à l’égalité entre les sexes et à la pleine réalisation des droits des femmes.

Une lutte toujours d’actualité depuis Beijing

Plus de trois décennies après la Beijing Declaration and Platform for Action, l’égalité entre les femmes et les hommes reste un objectif encore inachevé, malgré les avancées obtenues grâce aux luttes menées par des générations de militantes, de leaders et de défenseures des droits humains.

Garantir l’accès des femmes et des filles à la justice et à l’égalité des chances demeure encore un défi dans de nombreux contextes sociaux. Face à cette réalité, la ministre rappelle l’importance d’impliquer les hommes dans la promotion des droits des femmes, une orientation déjà affirmée lors de la International Conference on Population and Development, où les dirigeants africains ont pris l’engagement d’associer les hommes et les garçons aux efforts d’élimination des inégalités de genre.

La masculinité positive, une approche stratégique

Depuis, cette dynamique a évolué vers l’approche dite de la masculinité positive, qui questionne les rapports de pouvoir inégalitaires et encourage des relations fondées sur la bienveillance, la responsabilité et la complémentarité.

Pour la ministre, cette approche constitue une stratégie essentielle pour mobiliser les hommes et les garçons comme partenaires du changement durable.

« La transformation des normes sociales de genre ne peut se faire sans l’implication active des hommes et des garçons », a-t-elle souligné, appelant à promouvoir des modèles de masculinité basés sur le respect, l’égalité et la justice sociale.

L’expérience sénégalaise des « écoles des maris »

Intervenant lors du panel, Diago Ndiaye; présidente Réseau Paix et Sécurité pour les Femmes de l’Espace CEDEAO (REPSFECO )a rappelé que le Sénégal a déjà engagé plusieurs initiatives concrètes dans ce domaine. L’une des expériences phares reste celle des “écoles des maris”, lancée en 2012 dans certaines régions où les indicateurs de santé maternelle et familiale étaient particulièrement préoccupants.

Aujourd’hui, le pays s’est doté d’une Stratégie nationale École des Maris et de Promotion de la Masculinité Positive (2021-2030). Ce cadre vise à fédérer les interventions communautaires autour d’une approche participative impliquant les leaders locaux et des maris volontaires engagés dans la promotion des droits des femmes.

Cette initiative encourage notamment l’engagement des hommes dans la prévention des violences, le soutien aux femmes dans les responsabilités domestiques et la promotion d’un climat familial fondé sur le respect et l’égalité.

Un appel à renforcer les partenariats

Se fondant sur les résultats encourageants observés au Sénégal, la ministre a salué les initiatives portées par le lREPSFECO et a exprimé sa disponibilité pour développer des partenariats constructifs en faveur d’actions transformatrices.

Elle s’est dite convaincue que les échanges entre acteurs permettront d’identifier des pistes d’action concrètes et des stratégies innovantes afin de renforcer la mobilisation autour de la promotion de la masculinité positive et de la justice sociale.

Les jeunes générations au cœur du changement

Le panel a également réuni différentes générations de femmes activistes. Les jeunes participantes ont particulièrement insisté sur l’importance de l’éducation des garçons dès le plus jeune âge, estimant que la promotion du respect et des valeurs d’égalité constitue un pilier essentiel pour prévenir durablement les violences.

L’engagement réaffirmé du gouvernement

À cette occasion, la ministre a réaffirmé la détermination du gouvernement sénégalais à poursuivre ses efforts pour éliminer toutes les formes de violences faites aux femmes et aux filles et construire une société plus égalitaire.

Une société, a-t-elle insisté, fondée sur le respect, la dignité et la justice sociale pour toutes et tous.

Paule Kadja TRAORE

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