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June 19, 2021

Exposition jusqu’au 10 mai : L’artiste Mbaye Babacar Diouf expose son chapelet de 700 kilogrammes au Musée Théodore Monod

Au Sénégal, il est assez rare de voir les artistes surfer sur la spiritualité à travers leurs créations. Pourtant un jeune homme pétri de talent a décidé de  franchir le Rubicon. En effet l’artiste visuel sénégalais Mbaye Babacar DIOUF   présente en première son œuvre complète « Perles de lumière » au Musée Théodore Monod de l’Institut Fondamental d’Afrique noire (IFAN) Cheikh Anta Diop du 1er au 10 mai 2021.L’ouverture a eu lieu samedi dernier devant une foule nombreuse. Cette exposition est le fruit de plusieurs années de recherches de l’artiste sur la spiritualité notamment dans la voie de la Tidjanya.

L’artiste n’a pas ménagé son temps et son argent pour produire cette impressionnante œuvre. Il lui a fallu deux longues années de travail acharné pour aboutir à ce résultat très probant.

Elle est composée d’une pièce unique charpentée autour d’un chapelet en  bronze de cent perles avec les inscriptions du nom d’Allah et de l’écriture graphique de l’artiste. Le poids total de l’œuvre avoisine sept cent kilogrammes. Une partie de l’œuvre avait été montrée lors de l’exposition « Trésors de l’islam en Afrique » à Paris et au Maroc.

Après avoir fait admirer son impressionnant travail, il a fait face aux journalistes pour revenir sur le sens et la portée qu’il donne à cette dernière trouvaille.

« L’exposition a comme titre “les perles de lumière ». J’expose un chapelet Tidiane qui pèse environ sept cent kilogrammes de bronze c’est le fruit d’un travail de plus de deux années et aujourd’hui j ’invite le peuple sénégalais à venir découvrir ce travail. Je m’intéresse beaucoup à la spiritualité. C‘est un hommage que je rends de manière générale à la spiritualité mais plus particulièrement à la voie soufie Tidiane. C’est un honneur pour moi de montrer un chapelet de cette dimension surtout pour magnifier l’attachement que lui portent les soufis et surtout les tidianes. Par rapport à mes convictions et mes sensations, j ’ai surtout voulu montrer en tant qu’artiste une autre facette de ma personnalité. Au niveau des musées et galeries il importe de parler de la religion de la spiritualité et d’éducation spirituelle. Le chapelet en est un symbole fort c’est pourquoi j’ai choisi de représenter cet objet autrement. A mon avis cela va permettre aux uns et aux autres d’avoir un regard beaucoup plus précis sur cet objet. » a expliqué Mbaye Babacar qui est aussi revenu sur le coût de ce travail colossal à plus d’un titre. Il a rappelé que pour commettre cette œuvre il faut mobiliser des millions de francs. Pour réaliser une œuvre en bronze, il faut plusieurs étapes.  selon l’artiste. Il faut d’abord de la cire d’abeille, ensuite il faut du charbon, du bois, du plâtre. Ensuite il faut payer un fondeur pour les finitions et l’achat du bronze et le transport. Pourtant selon Mbaye Babacar le bien nommé cet aspect de son travail ne revêt pas une importance à ses yeux. A son avis il fallait surtout relever le défi et surtout rendre un hommage appuyé à la spiritualité en sa qualité de disciple.

L’artiste considère que cette étape constitue une suite logique de son travail accompli depuis sa sélection à la Biennale de Dakar en 2014.Il confirme qu’il est question d’une sorte de maturité et c’est un condensé de tout ce travail qu’il avait fait sur l’écriture, sur les signes et les rapports entre le physique, la métaphysique, le corps et l’âme.

Sur ce chapelet l’artiste a inscrit les 99 noms de Dieu. Mais il faut savoir que les chapelets Tidiane comportent cent perles. L’artiste a laissé le suspens en omettant d’inscrire un nom sur la centième perle.

Diplômé de l’École nationale des arts du Sénégal en 2007 et d’un Master 2 à l’Institut Supérieur des Arts et des Cultures de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Mbaye Babacar Diouf (né en 1983) est l’un des jeunes artistes sénégalais les plus remarqués de sa génération. Après avoir reçu plusieurs prix lors de concours nationaux, il a décroché la médaille d’argent lors des derniers jeux de la Francophonie à Abidjan en 2017. Ses œuvres ont été présentées dans différentes expositions et foires internationales, telles que Art Paris Art Fair, 1-54 Contemporary African Art Fair à Londres, ou encore la Biennale internationale de l’Art africain contemporain DAK’ART. C’est donc cet artiste au parcours si élogieux qui nous présente sa dernière création au Musée Théodore Monod de de l’Institut Fondamental d’Afrique noire (IFAN) jusqu’au 10 mai courant

Kadja TRAORE

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