Dans l’ombre des salles de classe, dans les réunions communautaires ou encore auprès des femmes victimes de violences, Fatimata Aw trace depuis des années un chemin discret mais déterminé au service des droits humains. Enseignante de formation, militante convaincue et actrice de développement, elle incarne cette génération de femmes sénégalaises qui ont décidé de transformer leur engagement en véritable mission de vie.
Formée à l’École normale Germaine Le Goff de Thiès, Fatimata Aw n’a jamais considéré l’enseignement comme un simple métier. Pour elle, l’école est un espace de transformation sociale, un lieu où se construisent les consciences et où peuvent naître les premiers combats pour l’égalité. Très tôt, elle comprend que l’éducation peut devenir un rempart contre les injustices qui frappent les filles et les femmes.
C’est dans cet esprit qu’elle s’engage activement dans la défense des droits humains. Aujourd’hui Secrétaire générale de l’Association La Palabre Sénégal et point focale du collectif « Dafadoy » (Stop aux violences faites aux femmes), elle œuvre au quotidien pour la protection des personnes vulnérables et la promotion d’une société plus équitable. Son combat porte notamment sur la lutte contre les violences basées sur le genre et contre les mutilations génitales féminines, une pratique qu’elle dénonce avec conviction à travers des campagnes de sensibilisation et des actions de proximité.
Son engagement se manifeste aussi dans le monde scolaire. Pendant dix années, elle a coordonné la cellule genre du Lycée Malick Sy de Thiès, un rôle qui lui a permis d’être au plus près des réalités vécues par les jeunes filles. Dans les couloirs du lycée comme dans les familles, elle a mené un travail patient de sensibilisation pour encourager les filles à poursuivre leurs études et pour prévenir les abandons scolaires souvent liés aux discriminations, aux violences ou à la pression sociale.
Mais Fatimata Aw ne s’est jamais limitée aux frontières locales. Convaincue que la défense des droits humains exige un apprentissage constant, elle a participé à plusieurs programmes internationaux de formation et de renforcement de capacités. Parmi eux, les sessions organisées par Equitas Centre international d’éducation aux droits humains du Canada, ainsi que des initiatives similaires au Burkina Faso. Ces expériences lui ont permis d’élargir sa vision et de partager des stratégies d’action avec d’autres défenseurs des droits humains à travers le monde.
Son engagement l’a également conduite à participer à des espaces de dialogue et de réflexion sur les droits humains, notamment lors d’un dialogue national au Cameroun. Autant d’expériences qui ont renforcé sa conviction : le combat pour la dignité humaine ne connaît pas de frontières.
Sur le terrain communautaire, Fatimata Aw s’illustre par des actions concrètes. Elle coordonne aujourd’hui le Centre d’accueil Mame Diarra Diallo, un espace mis en place par l’Association La Palabre pour offrir écoute, soutien et accompagnement aux filles et aux femmes victimes de violences. Dans ce lieu de solidarité et de reconstruction, elle contribue à redonner espoir à celles qui en ont le plus besoin.
Son implication ne s’arrête pas là. Au sein de son quartier résidentiel, elle occupe également la fonction de Secrétaire exécutive adjointe du comité de développement sanitaire, participant activement aux initiatives locales visant à améliorer les conditions de vie des habitants et à renforcer la cohésion sociale.
À travers chacune de ses actions, Fatimata Aw démontre qu’un engagement sincère peut transformer des vies. Son parcours illustre la force tranquille de ces femmes qui, loin des projecteurs, travaillent chaque jour à bâtir une société plus juste, où les droits des femmes et des filles ne sont plus une revendication, mais une réalité.
Pour Fatimata Aw, le combat continue. Et tant qu’il restera une injustice à dénoncer ou une fille à protéger, sa voix continuera de se lever.
Paule Kadja TRAORE
















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