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July 30, 2021

CHANGEMENT CLIMATIQUE : Le Sénégal peaufine son plan d’adaptation

Les changements climatiques constituent le plus grand défi des temps modernes. Leurs impacts aussi nombreux que divers sont de plus en plus coûteux et de nature à hypothéquer l’émergence économique des pays en développement. Dans son cinquième rapport d’évaluation, paru en 2014, le GIEC alerte la communauté internationale en prévenant que ces pays subiront de façon disproportionnée les effets les plus graves.

Les pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment le Sénégal, sont particulièrement vulnérables aux effets négatifs des changements climatiques du fait de l’étroite dépendance des moyens de subsistance de leurs populations à des paramètres climatiques qui varient à la fois dans le temps et dans l’espace. En effet, selon le directeur adjoint de la direction de l’Environnement et des Etablissements classées Bachir Fofana, les bases fondamentales des moyens de subsistance, à savoir l’agriculture, les ressources en eaux, les ressources halieutiques et forestières, subissent depuis quelques décennies les impacts de divers aléas climatiques. Avec la faible maitrise des risques climatiques, l’effet conjugué de ces aléas est souvent de nature à éclipser l’effort consenti par les Etats pour atteindre le double objectif d’assurer l’émergence économique et le bien-être des populations.

M. Fofana soutient par ailleurs que c’est lors de la Conférence de Cancun sur le climat en 2010, les gouvernements des Parties se sont accordés sur le processus des Plans Nationaux d’Adaptation (PNA) pour réduire leurs vulnérabilités aux changements climatiques, et intégrer l’adaptation dans les processus et stratégies de planification du développement.

Ainsi, le Sénégal, en conformité avec l’évolution des négociations internationales sur le climat, a lancé son processus PNA en 2015. L’objectif du Plan National d’Adaptation est de réduire la vulnérabilité de nos secteurs économiques d’une part en renforçant leurs capacités d’adaptation et de résilience, et d’autre part en facilitant l’intégration de l’adaptation au changement climatique dans les politiques sectorielles.

Le Projet d’Appui Scientifique aux processus de Plans Nationaux d’Adaptation (PAS-PNA), initié grâce à la coopération entre l’Etat du Sénégal et la République Fédérale d’Allemagne, s’inscrit dans ce contexte. Il est ainsi mis en œuvre par la GIZ, en collaboration avec le cabinet Climate Analytics, sous la tutelle du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et cible principalement le processus de planification de l’adaptation aux changements climatiques des secteurs de l’agriculture, des ressources en eau et des zones côtières. Toutefois pour l’expert du cabinet Climate Analytics Dr Mélinda Noblet Fall, qui a animé, ce mardi l’atelier de partage des résultats préliminaires des études de vulnérabilité : Le processus PNA doit reposer sur des connaissances scientifiques solides, comme c’est exprimé de manière très explicite dans les directives techniques pour le processus des plans nationaux d’adaptation du Groupe d’experts des Pays les Moins Avancés.

En effet, renseigne-t-elle «les mécanismes de financement internationaux dédiés au climat exigent désormais que la vulnérabilité aux changements climatiques soit clairement démontrée et évaluée par une expertise scientifique avérée et que les stratégies d’adaptation développées répondent de manière évidente aux impacts causés par la variabilité du climat ».

Avant d’ajouter : «Il est donc nécessaire de mettre en exergue la vulnérabilité climatique des secteurs de développement du pays grâce à la génération et la mise à disposition d’une information scientifiquement fondée pour éclairer le processus PNA, en aidant au renforcement des capacités scientifiques en matière de suivi des aléas et des impacts climatiques, d’évaluation de la vulnérabilité, mais aussi à travers la proposition de solutions et d’innovations qui permettront aux populations de s’adapter à ces modifications environnementales qui bouleversent leur existence ».

D’après elle, la recherche scientifique est essentielle en amont de la mise en œuvre de la politique d’adaptation notamment sur : l’évolution des systèmes climatiques pour comprendre et prévoir à l’aide de modèles climatiques, les évolutions de ces systèmes sous la forme de scénarios qui décrivent les modifications des variables climatiques telles que les températures, les précipitations ou encore le niveau de la mer; la vulnérabilité des systèmes pour évaluer leur capacité de résilience face aux changements climatiques; les techniques d’adaptation appropriées.

Paule Kadja TRAORE

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