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June 19, 2021

Affaire Sonko au Sénégal : qui sont les responsables des violences ?

Après les émeutes de mars dernier, le Mouvement de défense de la démocratie (M2D) veut porter plainte contre l’État du Sénégal. Si le gouvernement promet de faire la lumière sur les violences, aucune enquête n’a encore été lancée.
« Rétablir la vérité, toute la vérité » sur les évènements du mois de mars et les circonstances qui ont conduit le Sénégal à s’embraser. Lors d’une conférence de presse mercredi soir, le Mouvement de défense de la démocratie (M2D), collectif créé au lendemain de l’arrestation d’Ousmane Sonko, a déclaré vouloir faire la lumière sur les émeutes qui ont éclaté début mars dans plusieurs villes du pays et coûté la vie à 13 personnes.
À travers son mémorandum de 55 pages, le collectif répond directement à un autre document, établi par la majorité le 8 avril dernier pour défendre sa gestion de la crise et pointer la responsabilité d’Ousmane Sonko dans les violences. Une vérité « partiale et partielle », critique aujourd’hui l’opposition, qui évoque des « récits tronqués » et des « occultations volontaires » de la part du gouvernement.
« Notre premier objectif est d’informer et de rétablir les faits, en nous basant notamment sur les témoignages des manifestants et des familles de victimes », affirme Cheikh Tidiane Dièye, coordinateur du mouvement. Dans son rapport, « destiné à la fois aux Sénégalais et à la communauté internationale », le M2D revient en détail sur les accusations qui pèsent sur Ousmane Sonko, et pour lesquelles une instruction judiciaire est en cours.
Une « répression aveugle » ?
Accusé de viols et de menaces de morts sur une jeune femme, le député a perdu son immunité parlementaire et a été arrêté alors qu’il se rendait chez le juge d’instruction. Après six jours de garde à vue, il a été libéré et placé sous contrôle judiciaire. Le 21 mai dernier, il était d’ailleurs empêché par le juge d’instruction de quitter le territoire pour participer aux « états généraux de l’eco », qui se tiennent jusqu’au 28 mai à Lomé. Une décision jugée infondée par ses avocats. L’opposant n’a toujours pas été entendu sur le fond de l’affaire, ni été confronté à la plaignante dans le cadre de la plainte pour viol, qui n’est selon ses partisans rien d’autre qu’une « tentative de liquidation politique » de celui qui était arrivé troisième à l’élection présidentielle de 2019.
Le mémorandum du M2D revient en détail sur le contexte politique sénégalais et la mise à l’écart progressive de plusieurs opposants depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall, en 2012. Il évoque également la levée de l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko et les irrégularités de procédure qui l’avaient entachée.
Concernant les émeutes qui ont suivi l’arrestation du député, le M2D évoque une « répression aveugle et disproportionnée de l’État » et une « politique de terreur » menée par le gouvernement. Début mars, la réponse musclée des forces de l’ordre, les arrestations en chaîne de soutiens d’Ousmane Sonko, la réduction du trafic des communications et d’Internet, ainsi que la coupure des signaux de deux chaînes de télévision avaient soulevé l’indignation des Sénégalais et de la communauté internationale.

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