Risques liés aux produits agro-chimiques sur l’agriculture : Le Sénégal et des pays de la sous-région engagent la réflexion

Depuis plusieurs années, des organisations paysannes, des ONG et la société civile ont constaté la dégradation de l’environnement au Sénégal ainsi que dans la sous-région. Conscientes des risques liés à l’usage des produits agro-chimiques, des organisations paysannes, des ONG et la société civile se sont engagées sur le terrain à accompagner les producteurs.

« Notre système de production détériore notre modèle de vie. Parce que, de plus en plus, on sent la nécessité de changer. Donc, ce changement est aujourd’hui entamé partout. Cela va nous aider à répertorier, à capitaliser ces connaissances, mais en même temps, à voir comment construire, renforcer nos modules de formation ; que ça soit les institutions publiques, privées, mais aussi au niveau des cadres organisationnels de producteurs », explique Mariame Sow, Présidente du Réseau international Enda/Tiers-monde.

Ainsi, durant une semaine, des experts vont réfléchir et échanger sur un projet qui va couvrir la sous-région ouest-africaine. Le projet est en expérimentation au Sénégal avec le Mali, le Bénin, la Gambie et le Nigeria.

D’ailleurs, trois organisations, deux ONG (Enda Pronat et Agrecol Afrique, la Fenab, la Fédération de producteurs écologiques et biologiques portent ce projet composé de trois piliers : ‘‘Gestion de connaissances » porté par Enda Pronat ; ‘‘Formation des multiplicateurs de ces connaissances » porté par la Fenab et le projet ‘‘Diffusion et valorisation et même commercialisation ».

« Si les populations, les producteurs changent de pratique, il faut qu’ils arrivent à mettre ça sur le marché. La plupart de notre agriculture dépend de la pluie. Et naturellement, si on a une bonne pluviométrie et si les semences sont mises à la disposition des producteurs, on ne peut pas exclure que les résultats soient au rendez-vous. On veut vraiment faire de notre agriculture, une activité viable et inciter les jeunes à rester pour travailler. Mais, en même temps, travailler sur l’industrialisation de cette agriculture au niveau des villages, pour désengorger les villes ; faire du monde rural un milieu agréable et vivable. Comme ça, la jeunesse va rester »‘, estime Mariame Sow.

Selon elle, quels que soient les résultats obtenus, l’agriculture demande encore des performances. « Avec présentement tout ce qui se passe en matière de création d’emplois, au niveau des changements climatiques, nous devons aller à double vitesse. Pour voir comment faire en sorte que notre agriculture soit une agriculture beaucoup plus durable. Ce n’est donc pas une question de rendement, mais c’est beaucoup plus asseoir un système de production durable qui permet de nourrir les Sénégalais. Une agriculture portée et réalisée par les Sénégalais », affirme Mme Sow.

Dans ce dessein, elle assure qu’il faut renforcer la formation et mettre à la disposition des jeunes le foncier : « De reconnaitre que les exploitations familiales sont une entreprise, voire des systèmes de financement adaptés à ces systèmes et qui permettent aux jeunes de s’installer dignement. Mais, en même temps aussi, c’est organiser le système de commercialisation, éviter la concurrence des producteurs sénégalais avec les multinationales », dit-elle.

Seneweb

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