Levée de l’immunité parlementaire de Sonko : Cheikh Bamba Dièye et Guirassy claquent la porte de la commission ad hoc

La commission ad hoc de l’Assemblée nationale pour l’examen de la levée de l’immunité parlementaire d’Ousmane Sonko, accusé de viols et de menaces de mort, vole en éclats.

En effet, le dialogue de sourds entre ses différents membres autour du contenu du dossier et du réquisitoire du parquet qui, selon certains, viserait X et non le député Ousmane Sonko, a finalement poussé Cheikh Bamba Dièye et Moustapha Guirassy à la démission.

Ils ont adressé une lettre au président de la commission ad hoc, pour lui faire part de certains griefs sur le fonctionnement de ladite commission qui montre, «à suffisance, que l’Assemblée nationale est en train de renforcer et de consacrer son inféodation au pouvoir Exécutif, par le biais du parquet qui lui dicte la conduite à tenir».

Il est devenu évident que la démarche unilatérale et la précipitation avec laquelle la commission ad hoc veut statuer ne sont porteuses d’aucune garantie de respect de la présomption d’innocence et du droit de tout citoyen (serait-il député, surtout s’il est député) à être jugé dans le respect des droits de la défense. L’instruction doit se faire à charge et à décharge, et l’Assemblée nationale doit être informée de la réalité des faits. L’immunité parlementaire est la garantie essentielle de la liberté d’expression et des responsabilités du parlementaire en tant qu’élu du peuple et représentant de la nation.

Ousmane Sonko est un élu du peuple et un représentant de la nation ; et nous ne pouvons accepter d’être complices d’une mise à mort d’un député légalement et légitimement élu ; laquelle mise à mort ne reposant sur aucun élément probant.

Monsieur le Président, pour toutes ces raisons, nous avons décidé, nous députés soussignés membres de comité ad hoc, de présenter notre démission de ce dit comité avec effet immédiat.

Nous vous permettons ainsi d’être seul à prendre l’entière responsabilité de la forfaiture que vous vous préparez à perpétrer. Au nom de l’Etat de droit et de l’éthique, nous ne pouvons y participer.

Moustapha Guirassy Cheikh Mouhamadou Abiboulaye Dièye

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