Funérailles nationales pour la militante tunisienne Lina Ben Mhenni, symbole de la révolution

L’activiste et blogueuse tunisienne Lina Ben Mhenni est décédée à l’âge de 36 ans. Les hommages pleuvent pour honorer celle qui incarnait le combat d’une génération qu’avait fait éclore la révolution de 2011. Elle doit faire l’objet d’obsèques nationales.

De tous les témoignages qui inondent la toile, c’est le mot « courage » qui revient le plus pour qualifier le parcours de Lina Ben Mhenni, décédée ce 27 janvier à seulement 36 ans. D’aucuns la qualifient encore de « guerrière », « résistante », « voix de la révolte tunisienne ». Pour beaucoup, c’était aussi une « sœur ».

La jeune femme a mené plusieurs combats de front. Dès son enfance, elle apprend à se plier à un quotidien rythmé par la maladie. Un sort qui l’accompagnera toute sa vie, la contraignant à enchaîner notamment insuffisances rénales et dialyses, malgré le don d’organe qu’a fait pour elle sa mère, Emna.

Elle plie mais ne rompt jamais, transformant sa fragilité en force, bravant les recommandations médicales pour être de toutes les luttes et toutes les manifestations, racontent ses proches, même sous 40 degrés. Ou encore à participer aux Jeux mondiaux des transplantés, remportant même la médaille d’argent de marche en 2007 (à Bangkok) et en 2009 (en Australie).

Elle a été l’une des premières à oser se rendre fin 2010 à Sidi Bouzid, terreau de la contestation, d’où elle diffusait des vidéos. Neuf ans après, la mobilisation du 17 décembre dans cette ville vient d’ailleurs d’être reconnue anniversaire de la révolution, au même titre que les protestations du 14 janvier 2011, qui ont abouti au départ du dictateur Ben Ali.

Opposante à Ben Ali

Son opposition à Ben Ali s’était exprimée dès 2009. Elle se lançait alors dans le cyberactivisme, avec son blog « A Tunisian girl ». Un acte de courage, sous un régime qui contraint médias et opposants au mutisme. Elle participa un an plus tard à la manifestation dite des « T-shirt blancs », mouvement pacifique contre la censure du web.

Source Jeune Afrique

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