Dr El hadji Mamadou Mbaye (Iressef) : « Il urge de trouver de nouvelles approches pour parler du genre »

Le 2ème Congrès scientifique de Bca-Wa-Ethics : harmonisation de l’intégration du genre en Afrique de l’Ouest a vécu, ce jeudi 25 mars. Cette rencontre virtuelle de quatre jours a vu la participation de près de 30 personnes issues de 7 pays à savoir Sénégal, Bénin, Mali, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Égypte et Espagne. 
Selon Dr El Hadji Mamadou Mbaye de l’Institut de recherche en Santé de Surveillance épidémiologique et de Formation (Iressef), des perspectives sont à ouvrir à la suite des échanges. « Nous sommes en train de construire quelque chose. On peut transformer une communauté de pratique avec des spécialistes sur les questions de genre, de sexe et d’éthiques. Il faut les décideurs qui doivent se saisir de ces problématiques pour les faire avancer et associer des acteurs, des militants, des hommes politiques pour qu’ils s’approprient aussi des résultats de ces recherches et d’établir ces passerelles », a indiqué Dr Mbaye qui est aussi à l’Université Gaston Berger et Co-coordinateur de projet Bca-Wa-Ethics. 

A l’en croire, ce comité d’échanges, d’entraide, d’innovation entre des membres qu’ils soient des organisations ou des acteurs doit être mis en place en vue d’améliorer leurs capacités en matière d’intégration du genre tant au niveau de projets de recherche qu’au niveau interne, des Instituts de recherche ou des Institutions comme le ministère de la Santé et de l’Action sociale (Msas). « Il urge de trouver de nouvelles approches pour parler du genre. Il y a un travail d’acceptabilité du genre au niveau social, au niveau politique à faire. Car ce n’est pas encore acquis au niveau des chercheurs, donc imaginez comment cela se passe au niveau politique et social ». 

Pour lui, il y a un besoin de repenser le genre, de le tropicaliser, de l’adapter au contexte afin qu’il ne constitue pas une impasse où on ne peut plus dialoguer sur ce sujet. « Nous devons animer cette communauté de pratique par des productions de connaissances et scientifiques parce qu’il demeure important d’éviter que le genre ne soit pas forcément une offre internationale comme on en voit souvent dans les politiques publiques de santé d’une manière générale. Nous devons l’approprier, le contextualiser. Puissions nous-mêmes construire cette question avec des réflexions qu’il faut », a déclaré Dr El Hadji Mamadou Mbaye.

Auparavant, il a axé sa communication sur le « Genre et urgences sanitaires : le cas de la lutte contre l’Ebola en RDC ». En fait, entre 2014 et 2016, l’Afrique de l’Ouest a connu l’une des épidémies d’Ebola les plus meurtrières de l’histoire avec plus de 11 000 victimes. En 2018, la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré sa 10ème épidémie. « Des hommes, des femmes et d’autres personnes de genres divers ont été mobilisés dans les différentes équipes d’intervention. Leur place, leurs rôles et leur vulnérabilité face à Ebola interrogent la manière dont les programmes d’urgences sanitaires traitent les questions de genre. Quel est l’impact du genre sur la gestion des épidémies? La lutte contre les urgences sanitaires montre comment les questions de genre doivent être prises en compte pour l’efficacité des actions menées, pour le renforcement des systèmes de santé et pour des politiques de développement plus intersectionnelles », tels ont été les points abordés lors de sa présentation.

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