COPEOL EN CRISE : Le DG accuse l’Etat du Sénégal

La Compagnie de production des Oléagineux (Copéol) en crise fait la Une de l’actualité au Sénégal. L’entreprise d’huilerie pourrait bientôt faire un dépôt de bilan. Le Directeur général de la seconde plus grosse huilerie d’arachide du Sénégal accuse l’Etat d’avoir hypothéqué de manière dangereuse l’avenir du secteur avec une politique de favoritisme pour les industriels chinois. Pour Nicolas BRUGVIN, ce «deux poids deux mesures» fait que la Copéol ne peut pas s’aligner sur les prix chinois.

Aujourd’hui, l’entreprise d’huilerie présente un passif inquiétant à cause de sept (7) milliards FCFA de dette de l’Etat, plus de cent licenciements et un moral en berne. «Le premier facteur, c’est que le gouvernement sénégalais et le gouvernement chinois ont signé un protocole qui donne un avantage économique aux industriels chinois au détriment des industriels sénégalais ; puisque au tableau de ce protocole, on peut exporter la graine en Chine  en franchise de taxe, alors que l’huile qui est produite au Sénégal est taxée à 10 % quand elle rentre en Chine», a dénoncé lundi sur IRadio le Dg de la Copéol qui pointe un doigt accusateur sur l’Etat, coupable, selon lui, de «discrimination».

Pour sortir de cette situation, M. BRUGVIN pense que des solutions existent même si à l’heure actuelle, il estime que les jeux sont déjà faits. Mieux, il croit savoir que lesdites solutions doivent être étatiques avec comme seul règle du jeu final : mettre tous les acteurs sur la même ligne de départ. «Il n’y a plus pratiquement de solution puisque la graine est totalement partie en Chine. Pour que toutes les industries au Sénégal, y compris celle qui fait simplement du décorticage, ne soient pas par terre, la solution, c’est qu’il faut remettre un cadre économique qui permette aux industries locales de travailler et ne pas favoriser des industries étrangères. Aujourd’hui, on a une politique mise en place par le gouvernement qui tend à favoriser l’exportation de la matière première plutôt que le fait qu’elle soit traitée localement», a constaté amer le Dg de la Copéol.

Raymond Apéraw DIATTA

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