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Prière de Boune Dionne à Touba vendredi : Lecture sociologique d’un acte à polémique

L’acte posé vendredi par le ministre d’Etat, Secrétaire général de la présidence de la République, Mouhamad Boune Abdallah Dionne, relève de ce que le sociologue Professeur Djiby Diakhaté qualifie de comportement  corona-coupable en lieu et place de corona-responsabilité qui aurait dû  dicter la conduite de l’ancien Premier ministre. Celui-ci a prié vendredi à la grande mosquée de Touba après une visite chez le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké.

Un acte dont la pertinence suscite une vive polémique d’autant qu’il est posé au moment où l’Etat a interdit tous les grands rassemblements pour rompre la chaîne de transmission du coronavirus dans le pays.

Mais, pour le sociologue Djiby Diakhaté, il faut avoir plusieurs lectures pour comprendre l’attitude de l’ancien Premier ministre. Selon lui, la première hypothèse est celle-là qui consiste à dire qu’un discours officiel a exprimé de façon claire qu’il faut éviter les rassemblements et qu’au même instant quelqu’un considéré comme partie prenante de ce discours officiel et à un niveau très élevé se mette, dans une certaine mesure, à violer les dispositions de ce discours officiel. Cela fait une disjonction, une confusion, une incompréhension», analyse Pr Diakhaté dans l’émission Jury du dimanche (JDD) sur Iradio.

L’autre hypothèse, poursuit le sociologue, pourrait consister à dire comme émissaire –ce Boune Dionne lui-même dit- au niveau d’une certaine famille religieuse, il y était allé pour inviter le guide religieux, Serigne Mountakha Mbacké, à surseoir à la prière du vendredi ; et que cette prière l’ayant trouvé sur les lieux, lui se serait rendu à la mosquée pour prier avec le marabout. «Dans le cas d’espèce, explique-t-il, on considère que c’est une situation particulière qui aurait conduit l’ancien Premier ministre à être dans ce rassemblement».

Enfin, relève Pr Djiby Diakhaté, la troisième hypothèse possible, c’est de dire que s’il n’y était pas rendu, le camouflet sur le plan politique aurait été trop grand. «En fait, considère-t-il, il s’est atténué un peu. De toute façon, les gens auraient prié et que la présence de l’un politiquement atténue un peu le camouflet que vous avez dit : «ne prier pas ensemble, nous avons prié, mais il y a quelqu’un de vous qui est avec nous».

Sauf qu’aux yeux d’une bonne frange de l’opinion, cela est interprété comme une violation par l’Etat lui-même des propres règles universelles qu’il a édictées.

In fine, le sociologue déclare qu’à la place de l’ancien Premier ministre, il aurait évité à pareil moment cette visite à Touba. Autrement dit, en déduit-il, c’est quelqu’un qui aurait du avoir un comportement de corona-responsabilité qui a finalement eu un comportement de corona-culpabilité. 

Raymond Apéraw DIATTA         

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