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ACCÈS A L’EAU ET A L’ASSAINISSEMENT : Un droit humain méconnu

Serez-vous prêt à exiger vos droits d’accès à l’eau et à un service d’assainissement de qualité ? Cette question est considérée comme impertinente par certaines personnes croisées dans les rues de la capitale sénégalaise. Pour eux, les droits que peuvent réclamé une population se limitent à l’éducation et la santé. Par conséquent, ils ne voient pas l’utilité  de s’attarder sur ce genre de débat. «La première réaction qu’aurait  mes proches, si, j’aborde ce genre de sujet est de me taxé de fou. Non, franchement, je pense que ce droit n’est pas encore bien ancrée dans l’esprit des sénégalais», soutient Doudou Fall, un jeune étudiant.

 «Je ne pense pas que c’est un droit. Car, s’est gratuit. Si t’as les moyens d’installer l’eau courant chez toi où les moyens d’acheter l’eau à la borne fontaine». Tel est la conviction de Mariéme Diongue, vendeuse de son état au marché Hlm. Visiblement choqué par ce genre de question, Saliou Niang répond sans détour. «Vous pensez que les gens n’ont rien d’autres à faire que de créer des droits et courir dans les rues pour les réclamer », lance-t-il. Contrairement à nos précédents interlocuteurs, Thiaba Diagne, femme au foyer soutient que pour le respect de la dignité humaine, le droit à l’eau et à l’assainissement doit être une des premières préoccupations du gouvernement. «En tant que résidente d’un quartier populaire (Médina) et étant souvent confronter à un problème d’évacuation des fosses septique je suis prête à marcher pour revendiquer le droit à l’eau et à l’assainissement», confie-t-elleCependant, la pertinence de réclamer le droit à l’eau et à l’assainissement se justifie par le fait que depuis plusieurs années, les inondations sont récurrentes dans la banlieue de la capitale sénégalaise durant la saison des pluies. Ce fléau peut certes être imputé aux règlements climatiques, mais force est de constater que la majorité les infrastructures d’assainissement de la banlieue ne répond pas à la norme.

Les systèmes d’évacuations des eaux pluviales sont défaillants.  En effet, dans les grandes villes africaines à l’instar de Dakar, plusieurs facteurs rendent difficiles la maîtrise de la gestion de l’assainissement urbain et l’accès à l’eau potable.

 Les populations, notamment celles qui vivent dans la banlieue dakaroise  s’installent sans avoir la possibilité d’accéder aux services urbains.

Alors que le manque de services de base tels que l’eau et l’assainissement est une problématique très complexe liant la santé et l’environnement. 

Ce, au moment où le droit à l’eau potable et à l’assainissement est devenu un sujet important au niveau international. D’ailleurs, lors du Forum mondial de l’eau à Mexico en mars 2006, les ministres présents en ont discuté.

Depuis, il a fait l’objet de nombreuses déclarations officielles et de débats parlementaires. Il existe un soutien général à la reconnaissance officielle de ce droit de l’homme tant au niveau international qu’au niveau national. Les oppositions de quelques Etats se sont estompées progressivement et, en juillet 2010, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu le droit de l’homme à l’eau et à l’assainissement dans un vote sans opposition.

Au Conseil des droits de l’homme en septembre 2010, les Etats-Unis qui avaient longtemps combattu cette reconnaissance, changeaient de position.

Aussi, pour l’effectivité de ces droits, les organisations des droits de l’homme et la société civile sont invités à accompagner  la  population.

Paule Kadja TRAORE

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