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La Grande Muraille Verte : un espoir pour reverdir le Sahel ?

La Grande Muraille Verte d’Afrique (GMV) est une initiative panafricaine qui vise à lutter contre la désertification dans le désert du Sahara et au Sahel. A l’origine conçue comme une plantation massive d’arbres traversant d’ouest en est le continent africain, la GMV a évolué vers un ensemble de projets de restauration ayant pour objectif le bien-être environnemental et humain. Compte-tenu des objectifs à la fois environnementaux et sociaux affichés, des chercheurs de toutes disciplines ont un rôle important à jouer en mutualisant leur expertise pour guider les décisions des institutions gestionnaires du projet. Si la GMV n’est plus une simple muraille d’arbres telle que les acteurs politiques l’avaient envisagée à l’origine, les végétaux et la re-végétalisation restent néanmoins au cœur du projet car, plus qu’ailleurs, les populations du Sahel dépendent fortement des ressources végétales pour satisfaire leurs besoins quotidiens. L’enjeu consiste ainsi à trouver un équilibre entre la protection et l’exploitation durable des ressources végétales dans un Sahel en pleine transformation socio-écologique.

La Grande Muraille Verte : une réponse africaine aux défis socio-environnementaux planétaires

Le Sahel est considéré comme une des zones les plus vulnérables sur Terre. Il s’agit d’un ensemble d’écosystèmes constitués de steppes et de savanes arbustives à arborées traversant d’ouest en est le continent africain et marquant la transition éco-géographique entre le désert du Sahara au nord et la zone soudanienne au sud. Ces écosystèmes largement voués au pastoralisme présentent une forte vulnérabilité en raison de la pression anthropique et de l’instabilité hydroclimatique de la zone.

C’est dans ce contexte fortement contraignant qu’opère la Grande Muraille Verte, élément clé de la lutte contre la désertification (Figure 1). Elle couvre une bande où les précipitations sont de 100 à 400 mm de pluie/an. Dans cette zone sahélienne identifiée comme l’un des « hotspots » mondial du changement climatique, les conséquences attendues sont particulièrement alarmantes avec des prédictions d’augmentation de la température de 3-6°C d’ici 2100. La faiblesse de la pluviométrie annuelle constitue le principal frein à la réintroduction de la biodiversité par le reboisement. Les pluies se produisent pendant une courte période (principalement de juillet à septembre) sous la forme d’événements intenses et sporadiques. Les précipitations sont aussi caractérisées par une forte variabilité interannuelle à l’origine de sécheresses : entre 1970 et 1993, la zone a connu plusieurs situations de crise aux conséquences dramatiques. Ainsi au Sénégal, la zone recevant annuellement 400-500 mm de précipitation s’est déplacée d’environ 200 km vers le sud si l’on compare les périodes 1940-1969 et 1970-1994, ce qui s’est traduit à la latitude de la GMV par une forte diminution des pluies (Figure 2A). Par ailleurs, comme le montre l’indice pluviométrique au Sahel (Figure 2B), à trois décennies humides ont succédé vingt-trois années anormalement sèches (1971-1993). Depuis 1994, la situation pluviométrique au Sahel occidental est redevenue plus favorable sans toutefois redevenir similaires à celle de la première moitié du 20e siècle. Le changement climatique pourrait conduire à un climat plus extrême aux sécheresses plus sévères et aux précipitations plus intenses mais moins fréquentes .

Abenatv

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