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ENTRETIEN AVEC ADAMA SARR, COORDINATEUR DU RÉSEAU DES JEUNES GÉOMÈTRES FRANCOPHONES

Les 7es Universités de la FGF qui se sont tenues à Rabat les 29, 30 novembre et 1er décembre 2018, ont vu la constitution du « Réseau des Jeunes géomètres francophones ». Cette initiative vise à relayer, auprès des professionnels francophones, les travaux menés au niveau mondial par la Fédération internationale des géomètres (FIG) pour promouvoir la place et le rôle des jeunes au sein de la profession, ainsi que dans la réponse aux enjeux de sécurisation foncière et de développement social et économique soutenable, dans les pays du Sud plus particulièrement.

Adama Sarr, Ingénieur-géomètre de formation, est Chef des services du cadastre au Bureau régional des Impôts et des Domaines de Tambacounda, au sein de la Direction générale des Impôts et des Domaines (DGID) du Ministère de l’Economie, des Finances et du Plan (MEFP) du Sénégal. Il est également membre du Réseau des Jeunes Géomètres du Sénégal créé dès 2013 par l’Ordre national des géomètres-experts du Sénégal (ONGES).

  • Parmi les grands moments des 7es Universités de la FGF qui se sont tenue à Skhirat autour des « technologies avancées pour des politiques foncières efficaces », la création d’un réseau des Jeunes géomètres francophones revêt une profonde signification. Quelles aspirations pareille initiative porte-t-elle en faveur des jeunes professionnels de l’ingénierie topographique ?

Ce moment fort reste l’une des plus belles réussites de l’événement, en nous permettant d’échanger entre jeunes professionnels de nationalités différentes, de partager sur notre début de parcours et nos perspectives au sein de la profession.

La création de ce réseau francophone était par ailleurs une nécessité urgente, au regard de ce qui existe déjà depuis longtemps auprès des jeunes anglophones (le Young Surveyors Network de la FIG), mais également en terme de représentativité et d’implication des jeunes au sein des organisations professionnelles des pays francophones, et en Afrique en particulier.

Il s’agit là d’un puissant levier de formation et de renforcement de capacités des jeunes géomètres. Ce réseau va également contribuer à mieux connaître l’écosystème foncier ainsi que la gestion des conflits fonciers dans les pays membres de la FGF.

Enfin, le réseau va permettre à chaque jeune géomètre, par le biais du mentorat, d’être guidé et conseillé par un aîné dans les différentes étapes de son parcours professionnel. A l’image du dispositif de stage en cabinet qui existe dans certains pays, c’est un appui très important pour les jeunes professionnels dès le début de leur carrière pour bien appréhender les différentes voies qui s’ouvrent à eux, et assurer au mieux cette relève qui s’annonce complexe avec les avancées technologiques sans précédent dans notre pratique professionnelle et qui bouleversent la gouvernance foncière.

  • Quel plan d’action comptez-vous mettre en place pour fédérer autour des objectifs assignés à cette instance que vous présidez ?

Suite à la création du réseau, 5 commissions (4 opérationnelles – Partenariats et réseautage, Renforcement des compétences, Mentorat, Modernisation ; et 1 pour les questions administratives et financières) ont été mises en place et des présidents ont été désignés d’une façon très représentative pour diriger lesdites commissions. A l’issue des premiers travaux et réflexions qui seront conduits, chaque commission présentera un plan d’actions qui sera partagé.

D’ores et déjà, nous pouvons annoncer que le plan d’action fera état des moyens possibles pour fédérer le plus grand nombre de jeunes professionnels et encourager la mise en place de réseau nationaux dans les différents pays membres de la FGF (dans les pays du Nord comme dans ceux du Sud) et travailler sur des conférences et ateliers thématiques qui participeront à renforcer la visibilité et la contribution des jeunes dans tous les champs couverts par notre profession.

Il s’agira également de dresser l’inventaire des besoins en formation des jeunes dans chaque pays membre et d’organiser, pour y répondre, des sessions dédiées aux jeunes durant les Universités de perfectionnement. Et enfin et surtout, essayer de combler les écarts importants qui existent entre les pays francophones sur le plan de la connaissance, des technologies, des politiques foncières, etc.

Comme autres moyens d’action, nous pouvons également compter sur la création de groupes de discussion sur les réseaux sociaux tels que WhatsApp, Twitter, Facebook. Au cours des prochaines Universités de la FGF, nous prévoyons aussi l’organisation de sessions de restitution des travaux des différentes commissions créées, de panels entre les jeunes et leurs mentors, mais aussi d’activités festives, caritatives et sportives pour renforcer les liens !

  • Quels sont les échos que vous avez aujourd’hui, à travers les réactions des jeunes professionnels de l’espace francophone africain, à l’égard de ce Réseau ?

Les retours qui nous parviennent sont pour la plupart des messages de félicitations, d’encouragement et de solidarité pour cette excellente initiative.

Dans l’ensemble, les jeunes sont très réceptifs et très satisfaits de la création de ce réseau mais les attentes sont très nombreuses, et les premiers résultats doivent arriver vite.

Pour conclure, les premiers confrères informés de la création du réseau sont déjà très intéressés. A nous désormais d’en rallier le plus grand nombre, et surtout de répondre à leurs attentes !

  • Quelles sont les orientations prioritaires que vous comptez aborder pour asseoir les jalons d’un Réseau de jeunes bien structuré, ouvert et résolument tourné vers l’avenir ?

Parmi les objectifs prioritaires, nous pouvons citer :

  • La formation : Organiser des formations dédiées aux jeunes lors des évènements de la FGF. Des formations qui seront animées par nos aînés, désireux de transmettre leurs savoirs et/ou par les jeunes eux-mêmes.
  • L’organisation du réseau : Mettre en place un Bureau/Comité de réflexion qui définira les objectifs annuels, la stratégie et les moyens pour y parvenir. Les Universités de la FGF seront chaque année l’occasion de faire notre bilan d’activités et de définir le plan d’action pour l’année suivante.
  • La promotion et la visibilité du réseau : Permettre au Réseau des Jeunes Géomètres Francophones de prendre part aux exposés et conférences pendant les universités de perfectionnement, pourquoi pas avec des sessions dédiées. Cela permettra à la FGF de mieux identifier les potentiel et les atouts des jeunes professionnels afin de mieux les orienter dans leur parcours. 
  • Parrainage national : Dans la mesure du possible également, que chaque pays membre puisse allouer un budget, même modeste dans un premier temps, qui permettra de parrainer un, deux ou trois jeunes pour assister chaque année aux Universités de perfectionnement de la FGF.
  • Partenariats et sponsoring : Chercher des partenaires et sponsors fidèles qui pourront appuyer les jeunes à participer aux évènements de la FGF et de la FIG parce que cela va faciliter la rencontre du réseau et pourront faciliter la mise en place de réseau dans les différents pays.

Je suis impatient que toutes ces pistes se concrétisent rapidement et j’ai bon espoir que les premiers résultats seront présentés chez moi, à Dakar, où se tiendront les 8es et prochaines universités de la FGF (du 27 au 29 novembre 2019) et où le réseau pourra profiter de l’expérience du Sénégal, premier pays francophone à avoir mis en place son réseau de jeunes géomètres depuis 2013.

Geometres-francophones.org

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